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L'affaire Balco

 

L'écroulement de l'empire Balco

Le peu de crédit scientifique accordé au ZMA ne semble pourtant pas lui avoir porté préjudice sur le plan commercial. Au contraire! Avant que n'éclate le scandale de l'affaire Balco, Victor Conte pouvait se prévaloir d'une belle réussite et comptait, parmi sa clientèle, quelques-uns des fleurons du sport américain: Marion Jones, Tim Montgomery, Mike Powell, Randy Barnes, Michael Chang, Jim Courrier, Matt Biondi, etc. La liste complète des prestigieux consommateurs s'étalait sur la page d'accueil du site de son laboratoire (www.balcolab.com) avant de disparaître mystérieusement au début de l'affaire. On peut comprendre ce souci de discrétion de la part de quelques-unes des plus grandes stars de l'histoire du sport US. On fera seulement remarquer que la réputation sulfureuse du laboratoire et de son robuste patron ne date pas d'aujourd'hui. Au fil des années, le laboratoire Balco a été l'objet de 22 actions en justice et Victor Conte lui-même tenait dans la presse des propos dénués de toute ambiguïté. "Je ne condamne pas l'usage des stéroïdes anabolisants ou de l'hormone de croissance", déclarait-il à Testosterone Magazine. "Je connais un certain nombre d'athlètes qui en utilisent et ont connu des progrès fulgurants". Bien sûr, à l'époque, l'homme était peu connu du grand public. Sa première apparition médiatique date du meeting d'Oslo en 2000 lorsqu'il n'hésite pas à voler au secours de C.J. Hunter, l'ancien champion du monde du lancer de poids contrôlé positif à la nandrolone avec un taux 1000 fois supérieur à la limite autorisée. L'affaire avait fait grand bruit car Hunter n'était pas seulement célèbre pour ses performances athlétiques. Il avait aussi épousé Marion Jones, la reine du sprint américain, quintuple médaillée aux précédents Jeux olympiques de Sydney. Ce couple mondialement célèbre se sépara en 2001, un détail auquel nous n'aurions pas prêté attention s'il n'avait eu une importance déterminante pour la suite de l'enquête. Car, d'après Marion Jones, son ex-mari n'aurait jamais supporté sa décision de rompre et de partager désormais sa vie avec Tim Montgomery, recordman du monde sur 100 mètres. Depuis ce jour-là, Hunter aurait vécu dans l'obsession de lui opposer une rivale encore plus rapide qu'elle pour récupérer sur la piste un honneur conjugal à ses yeux bafoué. Cette version est plus ou moins confirmée par l'ex-coach de Marion Jones, Trevor Graham, qui affirme que CJ Hunter a effectivement pris langue avec lui. "Il est arrivé à l'entraînement et m'a dit qu'il voulait devenir mon assistant", a expliqué Graham. "Il voulait construire une athlète capable de battre Marion. Il m'a montré la seringue avec un peu de liquide et m'a dit: essaie ça et vois quel effet cela fait". Et c'est Trevor Graham qui aurait pris la décision de livrer la seringue à l'USADA!


Article écrit par : Gilles Goetghebuer

Philippe Gilbert

Ambassadeur de la Campagne

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