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L'affaire Beke
Le cas Rutger Beke
Dans l'affaire Beke, ce ne sont pas les conditions d'acheminement des urines qui posent problème mais le test lui-même. Il semble que pour certains individus –Beke en ferait partie- son application perde toute pertinence. D'après les conclusions des nombreuses expériences réunies dans l’imposant dossier médical constitué notamment sous le contrôle du professeur Marc Boogaerts de la KUL (Katholieke Universiteit Leuven), nommé au titre d'expert indépendant par la commission d’appel de la Communauté flamande, il apparaît que le triathlète belge produit effectivement quatre fois plus d'EPO que la normale, ce qui lui vaut d'afficher en permanence un hématocrite très élevé comme d'ailleurs son père et son frère, ce qui laisse deviner des influences génétiques. Et ce n'est pas tout! A l'issue d'un effort intensif, il verrait aussi s'élever anormalement les taux urinaires de protéine, ce qui aurait pour effet de tromper la lecture du test sur la nature exogène de l'hormone. Cette histoire rappelle un peu celle du skieur finlandais Eero Mäntyranta au début des années 60. Lui aussi, il affichait en permanence des caractéristiques sanguines hors du commun qui l’aidèrent certainement à remporter sept médailles aux Jeux olympiques.[1] A l'époque, bien entendu, on ne parlait pas encore d'EPO. Le dopage (à l’époque "doping") lui-même ne faisait l'objet d'aucun contrôle. Mais il semble que des particularités génétiques puissent prédisposer certains individus aux efforts en endurance et rendre du même coup caduque chez eux l’application des tests.
Notes de pied de page :
- [1]Eero Mäntyranta a remporté le relais 4x10km en 1960 à Squaw Valley; le 15km, le 30 km départ groupé et terminé deuxième du relais 4x10km à Innsbruck en 1964 et s’est emparé de la médaille d’argent ainsi que de la médaille de bronze du 30km départ groupé et du relais 4x10km à Grenoble en 1968.
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