Contenu de cette page :
L'affaire Beke
Epilogue
La décision de la Commission de discipline d'absoudre Beke revient en somme à reconnaître la validité du dossier constitué par ses défenseurs et donc à le considérer comme un "faux positif". Il peut donc librement renouer avec le cours de sa carrière et vient d'ailleurs d'obtenir son accréditation au célèbre triathlon d'Hawaï. Sur le plan juridique, l'affaire pourrait en rester là. Sauf évidemment si l'avocat de Beke, maître Luc Deleu, entreprend des démarches, en accord avec son client, pour obtenir des réparations financières. Seulement, à qui rejeter la faute? On peut difficilement attaquer la Communauté flamande qui a commandité le contrôle alors que, comme Beke, on prend régulièrement position pour dénoncer le dopage dans le sport. Faut-il incriminer les laboratoires de Gand et de Cologne qui ont mené les tests? Là encore, c'est délicat. Après tout, ils se sont contentés d'appliquer une procédure que l'on considérait comme parfaitement valide depuis des années. Serait-ce la responsabilité de ceux qui ont mis au point cette méthode de dépistage, en l'occurrence les chercheurs du laboratoire français de Châtenay-Malabry? Non plus! D'ailleurs, ils n'ont jamais caché l'éventualité de tomber un jour sur des "faux positifs". Reste l'Agence mondiale antidopage (AMA) a propos de laquelle Maître Deleu a utilisé des expressions comme "abus de monopole" et même "attitude mafieuse". Mais ira-t-il plus loin? Pas sûr… D'autant que l'AMA serait peut-être heureuse d'entrer à son tour dans la bataille. D'un courriel adressé à l'AFP, il transpire qu'elle aurait volontiers porté l'affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) si seulement la loi flamande reconnaissait l'autorité de cette institution, ce qui n’est pas le cas. La question posée par l’affaire Beke nous paraît tout de même loin d'être définitivement réglée. Maintenant que la brèche est ouverte, d'autres athlètes seront tentés de s’y engouffrer. Voilà pourquoi l'Agence mondiale antidopage s'arc-boute actuellement sur le principe de l'infaillibilité du test. Serait-ce une manière de gagner du temps ? On sait que l’AMA encourage les travaux menés actuellement pour la mise au point d’un tout nouveau test. Encore plus fiable !
Liste des pages de cet article

