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Doping to lose

 

Au tour des coureurs

Une méthode aussi efficace n'allait pas rester très longtemps le seul apanage du monde du turf. Dans ses mémoires, le cycliste français Charles Terront raconte comment il s'est méfié, en 1879, d'une boîte de lait qui avait été déplacée dans sa tente et ouverte d'un coup de couteau. Il évoque également une rose offerte par une miss enthousiaste: "J'allais la prendre, quand Monsieur Devien m'arrêta le bras, saisit la rose et la remit à un de mes entraîneurs, Fabin, qui, lui, plongea son nez dedans et tomba comme ivre, endormi, pendant près d'une demi-heure!"[1]. Sur les routes du Tour de France de 1911, Pierre Duboc, alors surprenant deuxième du classement général, sera pris d'un étrange malaise au cours d'une neuvième étape qu'il menait tambour battant. Après avoir bu quelques gorgées d'un bidon à un contrôle de ravitaillement, il sentit ses forces l'abandonner. Il s'écroula alors de tout son long avant d'être saisi de violentes convulsions et de régurgiter une bile épaisse de couleur noirâtre. Duboc termina finalement l'étape. Quant à cet étrange malaise, il trouva toute son explication le lendemain. Le médecin effectua un examen complet du bidon ramassé par Henri Desgrange, le directeur de l'épreuve, et y retrouva des traces d'une substance vénéneuse. Autre exemple, celui de Freddy Maertens. Dans son livre Ce que j'ai vécu, il raconte comment il pense avoir été empoisonné lors des Championnats du monde à Montréal en 1975. "J'ai attrapé des crampes d'estomac et de la diarrhée. J'ai tenté de rester à vélo, mais trop faible et sur le point de m'évanouir, j'ai dû descendre de machine."[2] D'après lui, Gust Naessens qui était à l'époque le soigneur du Cannibale profita de l'absence de Jef D'Hont, son propre homme de mains, pour ajouter un produit à son bidon. Maertens affirme d'ailleurs avoir recueilli les aveux de Naessens qui se mit à son service quelques années plus tard. Mais comme ce dernier était décédé à la sortie du livre, toutes vérifications ultérieures s'avèrent impossibles.

Notes de pied de page :

  • [1]BAUDRY DE SAUNIER L. et Terront Ch. Les mémoires de Terront, Prosport, 1980
  • [2]MAERTENS F., Ce que j'ai vécu, éd. René Malherbe, 1988

Article écrit par : Gilles Goetghebuer

Philippe Gilbert

Ambassadeur de la Campagne

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